Intervention de Corinne Valls

Lors du Conseil municipal du 14 décembre 2016, le groupe LR-UDI-Modem a posé une question sur l’ouverture de la cour de l’école Casanova hors temps scolaire. Corinne Valls, Maire de Romainville a répondu qu’une expérimentation sera effectuée pendant les grandes vacances afin d’offrir un nouvel espace public aux romainvillois.

 « La ville a effectivement tenu une réunion d’information auprès des parents d’élèves de l’école Casanova pour leur présenter notre projet d’ouverture de la cours d’école hors temps scolaire. Je remercie d’ailleurs Olivier Catayée qui a tenu cette réunion. Entendre les cris d’une cour de récréation, c’est la vie tout comme voir les enfants s’amuser dans un parc public. J’ai toujours trouvé dommage qu’on ne puisse pas utiliser ces lieux qui apportent tant de bonheur aux élèves sur le temps scolaire pour d’autres enfants hors temps scolaire. Je pense aux enfants qui ne sont pas encore scolarisés, à ceux encore trop nombreux, qui ne partent pas en vacances. Aux usages différents que permettraient ces ouvertures sous la surveillance des adultes : un espace pour faire de la trottinette, du vélo, du roller… ou encore d’offrir aux assistantes maternelles un nouvel espace public.

Je me permets de vous rappeler que les écoles et les cours sont la propriété de la ville et que leur utilisation, en dehors du temps scolaire, ne relève pas de l’éducation nationale. L’inspecteur de l’éducation nationale nous a indiqué avoir été interpellé sur ce sujet et à bien précisé qu’il n’avait pas d’avis à formuler s’agissant d’un temps hors scolaire. Car ouvrir au public les cours de récréation ce n’est rien de moins que de mutualiser un espace public que nous mettons à disposition aux écoles sur le temps scolaire. J’ai lu avec intérêt que nos voisins suisses avaient eux compris la nécessité d’ouvrir les cours pour permettre aux habitants d’en profiter et c’est sur cette expérience que nous voulions baser ce projet.

Nos enfants méritent des espaces publics de qualité et c’est en tant que gestionnaire des deniers publics que j’ai proposé de mutualiser, dans la sécurité de tous, ces espaces publics qui aujourd’hui ne servent que sur le temps scolaire. Il ne s’agit pas de s’arrêter là évidemment, nos projets d’aménagement d’aires de jeux sont nombreux (Zac Lemoine, Square Barbusse, phase 3 de la place des commerces, Gagarine…) mais d’élargir l’offre de loisirs, d’activités, de renforcer les lieux de rencontre. Bref de continuer à faire vivre la ville et de donner à tous l’opportunité de s’approprier la ville. Renforcer les équipements est notre objectif et l’ouverture des cours d’école y participe.

Au risque de vous surprendre, lorsque nous faisons des réunions d’information, nous entendons que certains projets ne puissent plaire à tout le monde. Nous entendons les remarques et travaillons au quotidien pour l’intérêt général sans avoir la prétention de rechercher l’assentiment de chaque citoyen.

Nous avons donc entendu les questionnements des quelques parents présents lors de cette réunion et c’est pour cela que nous avons revu notre projet. Il n’est plus question d’ouvrir ces espaces publics les mercredis et week-end dès janvier car en prenant en compte les remarques de chacun nous souhaitons mener cette expérimentation sur un temps plus long pour permettre une meilleure coordination. C’est pour cela que souhaitons ouvrir la cour de récréation de l’école lors des grandes vacances d’été pour offrir aux romainvillois un nouvel espace public. Le nettoyage et la vérification des équipements seront menés avec la plus grande attention avant la rentrée scolaire.

Et si nous constatons que les romainvillois s’approprient ce nouvel espace public alors oui nous envisagerons de le rouvrir lors des petites vacances et d’y réfléchir pour d’autres espaces publics tout en garantissant une sécurité optimale pour les utilisateurs. C’est d’ailleurs en ce sens que les espaces publics à venir ont été imaginés comme à Gagarine où le square et une des cours du pôle éducatif seront mutualisés. »

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Les élus du MGC votent contre la hausse des tarifs du conservatoire

Hier soir, lors du conseil de territoire d’Est-Ensemble, Jacques Champion, Président du groupe des élus de la gauche citoyenne, est intervenu pour expliquer le vote contre l’harmonisation des tarifs des écoles de musiques qui désavantage les romainvillois.

Même si le travail qui a été accompli par les services d’Est Ensemble et des villes, ainsi que du groupe culture sur l’harmonisation des tarifs des conservatoires doit être salué, il est regrettable que cette harmonisation se fasse par le haut pour certains habitants et qu’elle pénalise notamment les romainvillois.

Après l’harmonisation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), à laquelle les élus du MGC se sont opposés, après l’augmentation de la cotisation foncière des entreprises (CFE), où les élus du MGC se sont abstenus, aujourd’hui ce sont les tarifs des conservatoires qui vont une nouvelle fois les désavantager. Cela contredit la déclaration de politique générale d’Est-Ensemble visant à la stabilité de la pression fiscale et des tarifs aux usagers.

Par conséquent les élus de la gauche citoyenne ont voté contre cette harmonisation qui prévoit, selon la deuxième phase de simulation, une augmentation du tarif pour près de la moitié des familles romainvilloises. A Romainville depuis 2008, la municipalité s’efforce de gérer au mieux le budget municipal sans une seule augmentation d’impôt, c’est donc la politique de l’absurde que de niveler par le haut et détruire toute la politique des villes qui pendant 15 ans ont maintenu des tarifs correspondant aux coûts réels des services.

Intervention de Corinne Valls sur le projet d’usine de traitement des déchets à Romainville

Mes chers collègues,

J’interviens ce soir au nom des élus de la majorité municipale de Romainville sur ce sujet qui concerne directement notre territoire et qui dure depuis plus de 10 ans.

Pour reprendre un peu l’historique, l’agence métropolitaine de gestion des déchets a engagé en 2005 un projet de centre de tri-mécano-biologique méthanisation sur le territoire de Romainville visant à traiter les déchets ménagers de 22 communes de Seine-Saint-Denis et du 19ème arrondissement.

En 2010, les élus du Conseil municipal de Romainville, pourtant convaincus de la nécessité d’améliorer la gestion des déchets sur le territoire, ont refusé la réalisation du projet présenté par le Syctom et fait connaître leurs inquiétudes en adoptant, à l’unanimité du Conseil Municipal un avis défavorable sur le procédé de méthanisation des déchets tel qu’il était envisagé et a émis des réserves sur l’aspect architectural retenu.

A la suite de cet avis défavorable, le permis de construire a néanmoins été délivré contre l’avis du Maire de Romainville, qui a toujours refusé de le signer

Parce que le procédé de TMB proposé n’était pas satisfaisant, qu’aucune garantie ne fut apportée sur la qualité et l’utilisation du compost produit, Romainville a accueilli le 1er février 2012 la réunion publique qui a induit le moratoire et la conduite d’audits sur le projet du Syctom.

C’est donc pour aller plus loin dans la réorientation du projet que les élus Romainvillois ont alerté la Communauté d’agglomération Est Ensemble, conduisant l’ensemble des conseillers communautaires à adopter le 11 décembre 2012 un avis précisant les conditions d’une acceptation du projet. Cet avis Communautaire a été suivi d’un nouvel avis du Conseil Municipal de Romainville, adopté le 17 décembre 2012, pour un nouveau projet réorientant drastiquement le projet initial du Syctom.

Suite à cette mobilisation des riverains et des élus, le 23 janvier 2015 Le SYCTOM a pris acte du contexte et a décidé de ne pas poursuivre le projet.

Aujourd’hui le syctom a relancé une réflexion sur l’avenir du site et c’est l’objet de cette note d’intention sur laquelle nous devons nous prononcer. En tant que Maire de Romainville, j’ai rencontré à plusieurs reprises Hervé Marseille, Président du Syctom et je tiens à souligner que nous partageons des objectifs communs.

En effet, il nous semble indispensable que ce site, structurant pour le bassin versant, poursuive une ambition de tri et de gestion des déchets comme le syctom a commencé à le faire dès février 2016 en modernisant la chaîne de tri pour un traitement effectif de tous les plastiques.

Aujourd’hui nous devons collectivement aller plus loin pour répondre à l’enjeu du traitement des ordures ménagères résiduelles, garantir des conditions de travail digne aux salariés du Syctom, améliorer le traitement urbain du secteur et enfin utiliser la voie fluviale.

C’est dans cette logique que nous avons sollicité, avec Est Ensemble, une étude pour la création d’une collecte des bio déchets dans le secteur du Bas Pays avec le soutien du Syctom. Une étude qui se traduira, nous l’espérons, en une expérimentation positive et une généralisation afin de diminuer durablement la part des OMR réceptionnées sur le site.

Il nous paraît donc opportun qu’avec le Syctom nous poursuivions les réflexions engagées pour traiter sur le site de Romainville les biodéchets issus du territoire, qu’ensemble nous jouions un rôle moteur et soutenions l’innovation pour une gestion organique des déchets en créant un laboratoire de recherche sur les biodéchets et en soutenant financièrement les porteurs de projets.

Au delà du tri et du traitement des biodéchets nous devons porter les solutions pour valoriser au mieux les OMR et enfin faire de nos déchets d’aujourd’hui les matériaux de demain. C’est en ce sens que Romainville travaille à un pré-projet de ressourcerie notamment, un nouveau modèle pour valoriser le plus grand nombre de déchets dans une logique de circuits court, d’économie circulaire.

Ensemble, nous devons donc créer les conditions pour non seulement diminuer le tonnage des OMR mais aussi augmenter considérablement la part de ces déchets valorisés.

Tendre vers une politique Zéro Déchet doit être plus qu’une ambition commune, un véritable programme d’action pour faire du site de Romainville un modèle d’exemplarité et le laboratoire du développement d’une véritable économie circulaire.

Nous devons donc créer les conditions pour réduire à la plus petite portion nos déchets, en sensibilisant tous les acteurs, en développant un programme innovant de tri, traitement et valorisation de tous les déchets sur le site de Romainville. Nous serons alors seulement en capacité de nous interroger sur les actions à mener pour traiter les déchets non valorisables en lien avec les capacités des centres de traitements existants en région Parisienne.

Le traitement complet sur place des déchets en vue de la production d’une énergie que le Syctom propose et que Est Ensemble mentionne encore dans sa note d’intention, ne nous semble pourtant pas adapté en raison, d’une part, de l’inclusion de notre territoire dans un bassin de géothermie qui seul induira des subventions. Et, d’autre part, au regard des décalages réels dans le temps de l’avancée des études liées au chauffage urbain et des opérations d’aménagement du secteur.

Ainsi, imaginer aujourd’hui d’engager des dépenses considérables pour une usine de valorisation par combustion ne peut être une solution, en raison du peu de matière à valoriser et des faibles besoins en énergie à long terme. L’exemple de Copenhague doit nous permettre de prendre aujourd’hui les mesures appropriées à l’évolution de nos comportements et à l’enjeu de préservation de nos ressources.

Toutefois, nous ne devons rien nous interdire en matière d’innovation sur ce site en terme de tri, de valorisation et de traitement de nos déchets. Nous portons collectivement la responsabilité des investissements à mener en ce sens pour préserver notre environnement et devons imaginer non seulement un projet vertueux à l’échelle de notre territoire mais aussi à l’échelle métropolitaine pour optimiser les centres de traitement existants.

Ce projet doit aussi être défini et partagé à chaque étape avec les élus locaux et les habitants, dans le cadre de réunions conviant toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’inscrire dans l’élaboration de ce site innovant, vitrine du traitement des déchets.

Mes chers collègues, au vu de la note d’intention et du vœu présenté ce soir, il est clair que même si nous portons collectivement une vision commune sur ce projet, nous devons encore continuer à travailler ensemble pour approfondir certains points. Un vote sur cette note d’intention et ce vœu me semble donc prématuré. Il est nécessaire que notre position sur le projet d’usine de traitement des déchets soit unanime et corresponde pleinement aux attentes et aux ambitions que nous souhaitons pour notre territoire.