Signez la lettre ouverte au Président de la République!

Après la drame du 20 mai dernier, la municipalité a organisé mardi 29 mai 2018 une réunion publique. Cette réunion a été l’occasion pour près d’une centaine d’habitant·e·s d’exprimer leurs points de vue.

A l’issue de cette rencontre, Corinne Valls, Maire de Romainville, a proposé aux participant·e·s d’être les premiers signataires d’une lettre ouverte demandant au Président de la République d’engager des moyens pour les habitant.e.s

Nous invitons toutes les romainvilloises et tous les romainvillois à signer cette lettre pour demander l’égalité entre les territoires de la République.

Pour signer cette lettre ouverte :
– envoyez un mail à citoyen@ville-romainville.fr en précisant votre nom, prénom, adresse et « Je Signe »
– déposez votre signature à l’accueil de l’Hôtel de ville ou dans les équipements municipaux (espaces de proximité, centre municipal de santé, médiathèque, …)

Lettre ouverte au Président de la République

Réunis ce 29 mai 2018, suite à un nouvel homicide perpétré dans la nuit du 20 mai en une des rues de notre cœur de ville, nous souhaitons vous adresser cette requête.

Monsieur le Président,

Au moment même où l’économie, la croissance retrouvent de la puissance, au moment où vous appelez de vos vœux une société au diapason des avancées techniques et technologiques, au moment où vous mettez en valeur les « premiers de cordée », nous habitants-es de Romainville en Seine-Saint-Denis nous sentons plus que jamais oublié-e-s.

Les inégalités criantes que nous dénonçons depuis des années, et qui, à nouveau, sont quantifiées et qualifiées par les rapports Cornut-Gentille/ Kokouendo et Borloo, tant en matière d’éducation, de transport, de police, de justice… pèsent, dans le contexte national, encore plus sur chacune et chacun d’entre nous.

Nous vivons dans le département le plus jeune de France, dans une ville, un territoire riche de projets, d’initiatives portés par les habitants-es.

Pourtant la Seine-Saint-Denis – et notre ville n’y échappe pas – c’est aussi le département métropolitain où il y a le moins de tout.

– Moins de policiers alors que nous avons le taux de criminalité le plus important de France.

– En Seine-Saint-Denis les officiers de police judiciaire (OPJ) ne représentent que 9,4 % des effectifs, à rapprocher des 16,9 % à Paris, 12,4 % dans les Hauts de Seine et 15,2 % dans le Val de Marne.

– Moins d’un policier pour 400 habitants, c’est le ratio qu’atteignent des communes comme Bondy et Stains alors qu’elles ont un taux de délinquance supérieur à 100%.

– Moins de greffiers et de magistrats :

o Une justice de proximité trop lente : au tribunal d’instance d’Aubervilliers, le délai d’audiencement est de 12 mois contre 2 mois à Paris.

– Moins d’enseignants et de moyens pour l’éducation

o Le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine Saint Denis.

o 18.5 % des élèves entrant en 3ème ont au moins un an de retard dans leur scolarité pour 12.8% en France

o 49.5 % des professeurs du second degré restent moins de deux ans dans leur établissement, contre un tiers en moyenne

– Moins de médecins scolaires : 50 % de postes vacants, un médecin pour 12 à 13 000 enfants.

Nous ne demandons ni l’aumône, ni le saupoudrage mais simplement l’égalité, l’égalité républicaine.

Dans la diversité de nos âges, nos situations sociales et professionnelles, nos engagements nous vous demandons solennellement, Monsieur le Président, d’engager les moyens de l’État au niveau des besoins pour nous permettre de recouvrer des conditions de vie dignes de la France et de son rayonnement mondial.

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Une charte territoriale du relogement en demi-teinte

Intervention de Jacques Champion pour le conseil de territoire sur le projet de charte territorial de relogement des projets de renouvellement urbain d’Est Ensemble.

« Monsieur le Président,

Vous nous demandez d’approuver la Charte territoriale de relogement, document exigé par l’ANRU pour espérer, enfin, une mise en œuvre opérationnelle des nouveaux programmes nationaux de renouvellement urbain (NPNRU).

La charte présentée repose sur des objectifs partagés par la municipalité de Romainville : favoriser les parcours résidentiels positifs, respect des demandes des ménages, maitrise des impacts financiers, …

Toutefois, ce document partenarial nous interroge encore une fois sur le rôle de l’Etat dans les NPNRU. La mobilisation de leur contingent ne doit pas seulement être lue comme un soutien mais dans notre cas comme une nouvelle contrainte. En terme de contraintes je pense aux obligations de reconstituer les logements hors site alors que 42% de notre population est en quartier politique de la ville, je pense à la règle de reconstitution de 60% PLAI / 40 % PLUS alors que nous sommes, à l’échelle de la Métropole du Grand Paris le territoire qui compte le plus de PLAI… Nous sommes nombreux ici à être attachés à créer les conditions d’une politique de peuplement ambitieuse pour le vivre ensemble. Une ambition qui se heurte aux règles strictes de l’ANRU.

Certes, cette charte doit exister, certes les chartes locales viendront les compléter. Néanmoins, permettez-moi ici de rassurer les habitants du quartier Youri Gagarine qui en lisant ce document pourraient craindre que leur soit imposé un relogement dans un immeuble du parc social existant, dans un quartier éloigné des transports en communs à venir, un relogement permettant de « maitriser leur reste à charge » et non plus, comme dans le cadre de l’ANRU 1 de « maintien » du reste à charge.

Dans le cadre de l’ANRU sur le quartier Marcel Cachin, nous nous sommes attachés à répondre aux souhaits des locataires, en privilégiant les relogements sans opération tiroir dans le 1 pour 1. Je pense à cette locataire qui avait exprimé son souhait de conserver une vue sur la tour Eiffel dans son nouveau logement, un exercice difficile mais que nous avons réussi à réaliser.

Notre charte locale reprendra donc cet objectif afin de garantir aux habitants avec qui nous co-construisons le projet urbain Youri Gagarine depuis plus de cinq ans, leur inscription à long terme dans le projet qu’ils ont souhaité et défini. Aussi, pour en revenir à la mobilisation du contingent de l’Etat, permettez-moi d’exprimer ma crainte : quelles garanties l’Etat va nous apporter pour mobiliser son contingent dans les logements reconstitués ? Quelles typologies de logements seront mobilisées ? Quelle stratégie de peuplement sera portée quand on sait aussi les urgences des situations DALO et leur imposition par l’Etat, sans connaitre les réalités sociales d’un bâtiment, d’un quartier ?

L’enterrement des propositions formulées du plan Borloo par le Président de la République prouve que les banlieues ne sont pas une priorité pour lui. Nous avons donc de quoi nous interroger sur l’avenir de nos quartiers et devons rester mobiliser pour porter des projets de renouvellement urbain correspondants aux besoins de nos territoires !

Monsieur le Président, nous approuverons, sans aucun enthousiasme, cette Charte car depuis trop longtemps nous attendons que les choses avancent mais le risque est grand qu’un jour, demain peut-être, cette charte prime sur la charte locale et voit mes plus grandes craintes se réaliser. Il est grand temps que l’Etat face de nouveau confiance aux élus locaux ! Je vous sais Monsieur le Président engagé sur ce sujet et vous en remercie. »

Communiqué de Corinne Valls, Maire de Romainville

Un terrible drame s’est déroulé dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 mai 2018 à Romainville.

Un homme de 41 ans a été tué par arme blanche aux abords d’une épicerie. La municipalité et les habitants du quartier sont abasourdis par ce terrible événement. Cette violence est inacceptable, nous la condamnons avec la plus grande fermeté.

Je pense à la famille, aux proches de la victime et leur présente mes sincères condoléances.

Je sais pouvoir compter sur les services de police pour faire toute la lumière sur ce drame.

Un drame qui plus que jamais nécessite une action urgente des pouvoirs publics pour l’éducation, la police et la justice afin que jamais, plus jamais une personne ne perde la vie.

Après une rencontre avec des riverains de la rue de Paris, témoins de l’homicide, et des proches de la victimes, une réunion publique, à leur demande, aura lieu le mardi 29 mai à 19h dans la salon d’honneur de l’hôtel de ville.

Pour une véritable solidarité métropolitaine

À l’heure où l’on débat de la réforme institutionnelle du Grand Paris, il est plus que nécessaire d’avoir un projet métropolitain réellement solidaire afin d’enrayer la spirale de la pauvreté à l’œuvre dans les quartiers les plus défavorisés et d’engager une véritable politique de rééquilibrage du logement social à l’échelle métropolitaine.

Notre territoire ne peut appliquer strictement des règles nationales qui ne prennent pas en compte les difficultés que nous connaissons. Le territoire d’Est Ensemble concentre 38% de logements sociaux et 20% du total des logements très sociaux de la Métropole du Grand Paris. L’application de ces règles conduirait à reconstruire des logements très sociaux dans un territoire qui en concentre déjà beaucoup.

Notre territoire a historiquement placé la solidarité au cœur de son identité mais tous ces efforts seront vains si l’État continue d’orienter systématiquement les publics les plus en difficulté vers les territoires de Seine-Saint-Denis. Nous ne pouvons pas être les seuls à porter le devoir de solidarité qui doit être partagé entre toutes les communes de la métropole car nous sommes convaincus que l’équilibre et la cohésion d’une ville tient pour beaucoup à sa mixité sociale, et la mixité sociale passe par la diversification des logements.